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La préoccupation martiale était devenue à ce point fondamentale qu'elle finissait par concentrer sur elle l'ensemble des valeurs spirituelles et morales de la caste aristocratique,on assistait progressivement à l'amalgame de techniques (souvent, en tant que telles, trouvées dans le même temps par d'autres peuples, en quête d'efficacité sur un champ de bataille) et de notions philosophiques prenant racine en Chine. Cette dernière fut la grande initiatrice dans bien des domaines, comme le yin et le yang, le tao, le Bouddhisme zen. |
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Le Japon, comme d'ailleurs la Chine, vont donner une vie particulière à
ces techniques martiales, leur insufflant une sorte de souffle mental,
qui en fera des arts complets et si supérieurs à tout ce qui pouvait
alors exister dans le monde. Ce que l’on peut dire c’est que le Japon développa au cours
de son Moyen Age une civilisation originale élevant l'élément martial
au rang d'une véritable institution. Ce sera la grande époque du samouraï,
le guerrier pur et rude, craint et admiré, dont la vie et la mort
sont un exemple pour l'homme du commun car sa manière d'être jusque
dans sa vie quotidienne exprime la « voie » (michi ou do) que cherche
à suivre tout un peuple.
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L'histoire des arts martiaux au Japon
Elle peut se décrire en trois temps :
I ) Le temps du Bu-jitsu :
A partir du VIIe siècle, le Japon adopte le système chinois de centralisation
politique, commence l'ascension irrésistible des classes militaires ; dans
cette lutte pour le pouvoir les clans féodaux se livrent des guerres impitoyables. Les techniques
de combat individuelles fleurissent, sans qu'il y ait encore systématisation.
C'était l'époque des techniques de combat plus ou moins primitives (jitsu
= technique; bu = tout ce qui touche à l'aspect guerrier), expérimentées
empiriquement au cours des terribles guerres civiles aux XIIe et XIIIe siècles.
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II )
Le temps du Bu-gei :
l'insécurité devenant permanente, la guerre étant un phénomène endémique,
les techniques utilisées par le samouraï sont
étudiées et codifiées (gei = méthode, accomplissement). Peu à peu
la manière de combattre inclut des concepts autres que purement techniques.
C'est l'époque où s'individualisent les écoles (ryu) proposant des méthodes
concurrentes.
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III )
Le temps du budo :
Durant la période
TOKUGAWA (J 603‑1868) caractérisée par
un système rigide et isolationniste, le SAMOURAI circulait porteur de deux
sabres à la ceinture tandis que les citoyens se voyaient interdire le port
d'arme. Face aux comportements souvent belliqueux des SAMOURAI et RONIN,
les bourgeois et marchands développèrent eux aussi l'art du combat avec
des objets familiers et souvent à mains nues. Il en fût de même pour les
paysans qui utilisèrent en plus des outils agraires comme moyen de défense,
des techniques de coups (ATEMI), voir la création et le développement de
l'OKINAWA-TE, puis du KARATE.
En 1877, un décret interdit l'usage et le port des sabres des
BUSHI, d'où indirectement essor du combat rapproché. L'art du JU-JITSU se répandit logiquement.
En 1603 le Shoguna Tokugawa
Ieysasu établit son gouvernement militaire (bakufu) à Edo. Ses successeurs
mettent fin aux guerres civiles incessantes et imposent une longue paix
jusqu'en 1868. Sous la férule du gouvernement d'Edo, l'esprit belliqueux
du samouraï devint peu à peu un esprit docile, sublimant l'art de la guerre,
n'en retenant plus que les règles et les principes d'entraînement. Les anciennes
techniques guerrières furent par la force des choses dérivées de leur véritable
fonction.
Le bugei tendit vers des buts d'éducation et d'éthique
plus que vers un stade d'achèvement physique ; en évoluant de la technique
à la « voie » (do).
La nouvelle raison d'être de ces arts, tout imprégnés
de philosophie, était maintenant le travail du pratiquant sur lui même,
à la recherche de la maîtrise de soi à travers le geste gratuit. La recherche
était plus spirituelle que physique. C'était l'époque des kobudo (les <<
anciens>> budo, à ne pas confondre avec les ko-budo issus d'Okinawa,
et qui font usage d'armes agricoles diverses comme le nunchaku, le sai,
le tonfia, le kama).
En 1868, le SHOGUNAT TOKUGAWA fût renversé. Le gouvernement MEJI
s'installa à TOKYO. Le système féodal s'achevant, le Japon rejetait les
cultures et traditions anciennes et se tournait vers l'Occident. Les budo faillirent disparaître, si faible était alors l'intérêt pour
les choses du passé.Cependant, le JU-JITSU avait été classé,
sous l'ère MEJI, dans les arts à préserver.
En 1886, 19ème année de l'ère MEJI, la préfecture de police adopta
officiellement le JUJITSU comme méthode réservée aux policiers.
En 1882, un événement capital pour le futur des arts martiaux allait naître à TOKYO. Un professeur d'université JIGORO KANO crée le JUDO à partir de techniques de JU-JITSU d'où sont supprimées de nombreuses prises dangereuses dans le combat sportif. De plus, son enseignement comportait en parallèle des techniques traditionnelles de JU-JITSU.
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Conclusion :
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Les arts martiaux japonais sont extrêmement divers : l'Occident
n'en connaît pratiquement que le ju‑jitsu, le judo, le karaté,
l'aïkido et le kendo. « Bugeiju-happan » est une expression datant
des débuts de l'ère d'Edo, signifiant les « 18 arts martiaux » mais lorsque l'on y regarde de plus près on
s'aperçoit que la classification est plus difficile qu'il n'y paraît
: dans le bouddhisme, en effet, le chiffre 8, combiné à d'autres,
représente ce qui est illimité... Il faudrait donc traduire par «
une quantité d'arts martiaux ». En fait, un ouvrage paru en 1843,
le « Bojitsu-ryuso-roku,», dénombre au moins 159 écoles majeures d'arts
martiaux, divisées en huit grandes familles, dont celle du ju-jitsu
; d'autres sources indiquent une centaine d'écoles de ju-jitsu à la
fin des Tokugawa, dont une quarantaine de styles majeurs.
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Extrait des livres : - La force Millénaire
de Roland Hernaez. Editoin AAR Avril1997
- Découvrir le Ju-Jitsu de R. Habersetzer.
Edition Amphora s.a. . Février1997
LE NIHON
TAÏ-JITSU et Maître Roland HERNAEZ